Anne Brérot à la galerie Claudine Legrand


Il y a une espèce de fascination, voire d’envoûtement, qui vous saisit devant un tableau d’Anne Brérot. Quelque chose d’un peu irrationnel. Une émotion qui étreint sans que l’on en sache précisément la cause. Sont-ce les multiples variations des couleurs employées par l’artiste ? La savante intrication de ces tonalités complexes et raffinées, l’estompage de certaines, leur éclat particulier ? Sont-ce les transparences qui multiplient les effets de profondeurs et font vibrer le tableau tout entier ? Ou bien encore, est-ce la manière d’agencer le sujet au cœur d’une savante abstraction ? Un peu de tout cela à la fois sans doute. Car la peinture d’Anne Brérot est le résultat d’une succession de gestes maîtrisés qui enrichissent de multiples façons la figuration. « Je pétris la couleur dans le chaos de la matière. Je traverse les lumières et les ombres avec l’irrésistible désir de restituer des bouts de monde en quête d’un tableau pouvant contenir la vie ». Tout est dit. Devant un tableau d’Anne Brérot, on part en voyage durant quelques minutes, l’esprit happé par un univers qui semble en contenir d’autres, beaucoup d’autres, parallèles et enchevêtrés. Peu importe le sujet puisqu’elle aborde avec un égal bonheur les natures mortes, les paysages et les personnages.

Jusqu'au 28 avril 2022 à la galerie Claudine Legrand, Paris 6e.

Posts à l'affiche